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Augmentation de loyer au Québec : Ce que j’ai appris (et ce que tu dois absolument savoir)



Recevoir un avis d’augmentation de loyer, ça fait toujours un petit choc.


Quand j’ai reçu le mien, mon loyer passait de 1015 $ à 1075 $.Une augmentation de 60 $ par mois. Sur le moment, je me suis dit :« Est-ce que c’est normal ? Est-ce que j’ai le choix ? Est-ce que je dois accepter ? »


Spoiler : non, tu n’es pas obligé d’accepter sans vérifier.

Voici ce que j’ai appris, et ce que j’aurais aimé savoir avant.


Au Québec, les augmentations de loyer sont encadrées par le Tribunal administratif du logement (TAL).

Chaque année, le TAL publie un outil de calcul qui permet d’estimer une augmentation raisonnable selon :

  • L’IPC (inflation)

  • Les taxes municipales

  • Les taxes scolaires

  • Les assurances

  • Les dépenses d’exploitation

  • Les réparations majeures

IMPORTANT : le TAL ne fixe pas automatiquement ton augmentation. Ce n'est pas une limite légale, mais il fournit une méthode de calcul qui sert de référence. Si ton propriétaire décide d'aller au dessus de cette limite, il doit le justifier par l'augmentation de ses taxes ou des dépenses majeurs liées à des travaux.

C’est là que ça devient intéressant.

Dans mon cas, certaines dépenses avaient été inscrites dans des catégories discutables :

  • Le ménage des corridors avait été classé comme “réparation majeure”

  • Le déneigement avait été inscrit dans une section réservée aux parcs de maisons mobiles. Or il s'agit de terrains spécifiques. Tu as 90% pour de chance pour que ça ne soit pas ton cas. Donc si tu vois que cette case est remplie, fais attention.

Or :

Une réparation majeure = dépense d’immobilisation durable (toiture, structure, gros travaux).

Le ménage et le déneigement = entretien courant.

La différence ?Le classement peut changer le montant final de plusieurs dollars par mois.

J’ai pris le temps d’utiliser l’outil du TAL moi-même. Voici le lien : https://www.tal.gouv.qc.ca/fr/calcul-pour-l-augmentation-de-loyer


RÉSULTAT :

L’augmentation de 60 $ représentait environ 5,9 %.En reclassant correctement certaines dépenses, on tombait autour de 32–35 $.

C’est presque la moitié.

Et après discussion respectueuse avec la propriétaire ? L’augmentation finale a été fixée à 30$. Soit la moitié.



CONCLUSION


Recevoir un avis d’augmentation de loyer peut être stressant, surtout quand on est étudiant et qu’on essaie déjà d’équilibrer budget, études et vie personnelle. La première réaction est souvent de se demander si on est obligé d’accepter. Beaucoup pensent qu’ils n’ont pas le choix. Pourtant, au Québec, une augmentation de loyer n’est pas une décision unilatérale finale. Elle ouvre plutôt une période où le locataire a plusieurs options.


Lorsqu’un propriétaire envoie un avis d’augmentation, il le fait dans le cadre du renouvellement du bail. Cet avis doit être transmis dans les délais prévus par la loi. À partir du moment où tu le reçois, un délai d’un mois commence à courir. Pendant ce mois, tu dois prendre position. Si tu ne réponds pas dans ce délai, la loi considère que tu acceptes l’augmentation. Le silence équivaut donc à une acceptation.


La première option est d’accepter l’augmentation. Dans ce cas, il n’y a aucune complication. Le bail est renouvelé au nouveau montant et tout continue normalement. Cette option est logique lorsque l’augmentation semble raisonnable ou lorsqu’elle correspond aux recommandations de l’outil de calcul du Tribunal administratif du logement. Accepter peut aussi être un choix stratégique si la différence est minime et que tu souhaites éviter toute démarche supplémentaire.


La deuxième option, souvent oubliée, est de négocier. Recevoir un avis ne veut pas dire que tout est figé. Tu peux demander la feuille de calcul utilisée pour déterminer le montant. Tu peux vérifier si les dépenses sont bien classées et si les chiffres sont exacts. Il arrive que certaines dépenses soient mal catégorisées, ce qui peut influencer le résultat final. Une discussion respectueuse et basée sur des faits peut mener à une entente sans conflit. Tant que tu ne refuses pas officiellement par écrit, vous êtes dans une phase de discussion. Si une entente est trouvée, il est préférable qu’elle soit confirmée par écrit.


La troisième option est de refuser l’augmentation tout en restant dans le logement. C’est un point que beaucoup de locataires ignorent. Refuser l’augmentation ne signifie pas que tu dois déménager. Tu peux refuser le nouveau montant et indiquer que tu souhaites renouveler ton bail aux mêmes conditions. Ce refus doit être transmis par écrit dans le délai d’un mois. À partir de ce moment, le propriétaire dispose lui aussi d’un mois pour déposer une demande de fixation de loyer au Tribunal administratif du logement. S’il ne le fait pas dans ce délai, le bail est automatiquement reconduit au même prix que l’année précédente.

Si le propriétaire dépose une demande au Tribunal administratif du logement, le tribunal analysera les dépenses, vérifiera les catégories utilisées et fixera un nouveau loyer basé sur ses critères. Le montant fixé peut être identique à celui demandé, inférieur ou parfois légèrement supérieur. Le tribunal ne cherche pas à punir une partie ou l’autre, mais à établir un montant jugé raisonnable selon la preuve présentée.

Le fait d'aller au TAL apparaitra dans ton dossier en tant que locataire. Quand tu chercheras un logement à l'avenir, cela peut freiner certains propriétaire. Donc n'utilise pas cette option sauf si tu es sur d'avoir de très bons arguments.


Dans le cas où ton immeuble a été construit depuis moins de 5 ans, tu peux quand même refuser une augmentation de loyer si ton bail ne contient pas de clause permettant une augmentation libre. Dans ce scénario, tu dois envoyer ton refus par écrit dans le délai d’un mois. Le propriétaire pourra alors décider de maintenir le loyer actuel ou de déposer une demande de fixation de loyer auprès du Tribunal administratif du logement (TAL). Le tribunal analysera les dépenses liées à l’immeuble et fixera un loyer jugé raisonnable selon les preuves fournies. Contrairement à certaines idées reçues, le fait d’habiter dans un immeuble récent ne t’oblige pas à accepter automatiquement l’augmentation, mais les protections peuvent être un peu différentes si une clause spécifique d’exemption est inscrite dans le bail.


La quatrième option consiste à refuser l’augmentation et à décider de ne pas renouveler le bail. Dans ce cas, tu quitteras le logement à la fin du bail. Cette option est pertinente si tu envisageais déjà un déménagement ou si le nouveau montant dépasse ton budget.

Il est important de comprendre qu’un propriétaire ne peut pas refuser le renouvellement du bail simplement parce qu’un locataire refuse une augmentation. Le système québécois est conçu pour permettre une fixation neutre du loyer lorsqu’il y a désaccord. Cela donne un véritable levier au locataire, mais ce levier doit être utilisé de manière réfléchie.



La question n’est donc pas seulement juridique, elle est aussi stratégique. Pour quelques dollars par mois, ouvrir un dossier peut représenter plus de temps et d’énergie que le gain financier potentiel. Pour un écart important ou une erreur manifeste dans le calcul, la démarche peut être justifiée. Chaque situation doit être évaluée en tenant compte du montant en jeu, de la relation avec le propriétaire et de l’énergie que tu es prêt à investir.


Ce qu’il faut retenir, c’est que tu as des choix. Une augmentation de loyer n’est pas une obligation automatique. Comprendre tes options change complètement la dynamique. Être informé te permet de discuter avec assurance, de vérifier les calculs et de prendre une décision alignée avec ta situation.


Et souvent, la meilleure arme, ce n’est pas la confrontation. C’est la connaissance.



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